Le secteur du transport routier de marchandises entre le Maroc et l’Europe, performances et challenges

Depuis 2008, le Maroc bénéficie du « statut avancé » dans ses relations avec l’Union Européenne. Les deux parties ont affirmé leur volonté d’instaurer un espace économique commun, caractérisé par une intégration poussée de l’économie marocaine à celle de l’UE.

Le transport routier international

Le Maroc a adhéré à plusieurs conventions internationales en matière de transport routier afin de simplifier les échanges commerciaux avec ses partenaires étrangers, et faciliter le flux de marchandises entre le Maroc et le continent européen. Ainsi deux conventions relatives au contrat de transport marchandises ont eu lieu, il s’agit de la CMR dite convention sur le contrat de transport international de marchandises par route introduite en mai 1956, et la convention TIR pour le transit international routier du 14 novembre 1975.

⮚ La convention CMR

Cette convention s’applique à tout contrat de transport de marchandises par route à titre onéreux au moyen de véhicules, lorsque le lieu de la prise en charge de marchandise et le lieu prévu pour la livraison sont situés dans deux pays différents quand au moins l’un des deux pays est contractant.

⮚ La convention TIR

La convention TIR concerne la transportation de marchandises effectuée sans rupture de charge. Les marchandises transportées sous le régime TIR ne seront pas assujetties au paiement ou à la consignation des droits et taxe à l’importation, ni à l’exportation aux bureaux de douane de passage.

Le transport routier entre le Maroc et l’Europe en chiffres, évolution et performances.

Totalisant 1 400 véhicules, 400 entreprises spécialisées dans le transport et logistique assurent 80 % du volume de marchandises avec l’Union Européenne, alors que le trafic demeure nul avec ses voisins maghrébins. La part dans les échanges de marchandises entre le Maroc et l’UE est de plus en plus importante. Elle est en moyenne de 20 % (15 % pour les importations et 33 % pour les exportations). Ceci est dû à la proximité géographique ainsi qu’à la rapidité et de la flexibilité de ce mode de transport.

Il en ressort que 80 % des origines et destinataires du TIR marocain proviennent de l’Union Européenne selon les dernières statistiques, cela reflète bien la prédominance de l’UE dans les échanges commerciaux du Maroc, le reste des échanges étant dispersé entre l’Europe de l’Est et certains pays de l’Afrique subsaharienne, notamment à travers la Mauritanie.

Avec un taux d’exportation croissant vers l’Europe et une hausse de 85% des exportations à valeur de 2228 millions de tonnes de marchandises exportées, et une augmentation des importations à un taux de 47% avec 6119 millions de tonnes de marchandises en 2018, le transport routier est désormais le moyen le plus sollicité entre le Maroc et l’Union Européenne. 45% des entreprises optent pour ce mode de transport, avec un taux d’occupation qui atteint 73% du parc de transport routier.

Le transport routier de marchandises entre le Maroc et l’Europe, le challenge environnemental

Le Maroc est à la recherche d’autres moyens de transport de flux vers l’Union Européenne face aux pénuries constatées chaque année en termes de transport routier. Le grand nombre des autorisations bilatérales estampillées chaque année en témoigne.

Réduire au maximum la pollution sonore et climatique, promouvoir la protection de l’environnement est le défi principal qu’affronte le Maroc aujourd’hui. Repenser les modes de transport et intégrer des combinaisons de modes de transport permettra sûrement de réduire les émissions de gaz à effet de serre, dont le transport routier est responsable avec un taux de 25,7 % au niveau de l’Union Européenne.

Le transport de marchandises entre le Maroc et l’Europe sera donc plus porté de plus en plus vers le un mode de transport combiné transport lui permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Certes le transport routier offre plusieurs avantages qui lui sont bien spécifiques, une combinaison des modes de transport devrait être envisageable pour en maintenir les avantages tout en prenant en considération l’aspect environnemental.